Par principe, j'ai souvent tendance à commencer par le commencement (pas très original, je reconnais) et donc, pour inaugurer ce blog, je vais m'attaquer à la définition de l'économie. Malheureusement pour moi, les questions de base ne sont pas toujours les plus simples puisqu'il existe plusieurs querelles sur cette définition, y compris chez les économistes eux-mêmes. Ainsi, je ne vais pas chercher à donner une définition qui fasse consensus, mais plutôt à ouvrir la réfléxion.
On distingue traditionnellement deux façons de définir la science économique : d'une part en considérant les objets qu'elle étudie, et d'autre part en s'intéressant aux méthodes qu'elle utilise.
Tout d'abord, les objets de l'économie sont plus complexes qu'ils n'y paraissent. En première analyse, on peut considérer que l'économie est la science qui étudie la production, la distribution et la consommation des richesses. Ainsi, l'économie est la science qui s'intéresse à l'économie (Captain Obvious is here !). Toutefois, cette assertion cache plusieurs problèmes. En effet, on peut facilement envisager des économistes qui n'ont pas réellement travaillé sur ces sujets. Des auteurs comme Gary Becker ou James Buchanan (tous deux lauréats du "prix Nobel") illustrent parfaitement mes propos ici. De plus, on peut très bien se pencher sur des objets "économiques" sans être reconnu comme économiste (je pense ici notamment à Mark Granovetter et plus globalement tout le courant de la sociologie économique). Au final, cette définition par les objets me semble donc peu convaincante; et c'est pourquoi je lui préfère une définition par les méthodes.
La méthode économique se base avant tout sur une analyse visant à comparer les coûts et les avantages d'une action donnée. Cette vision très générale pose quant à elle un autre problème : il est très aisé d'utiliser cette méthode dans des domaines très différents, et les économistes ne s'en sont d'ailleurs pas privés. Ainsi, on arrive à une forme d'impérialisme économique puisque tous les phénomènes sont interprétables à l'aide de l'analyse coûts/avantages. Cet écueil a très vite été reproché aux économistes, même si ceux-ci ont su s'ouvrir aux autres sciences sociales pour compléter leur analyse (voir cet article pour plus de précisions sur ce point).
Finalement, je dirais que l'économie est une science des choix (via l'analyse coûts/avantages) et en ce sens, une modélisation des comportements humains et de leurs conséquences. Les modèles économiques ont pour but de décrire le réel, quitte à le simplifier en première analyse (en notant que poser des hypothèses reste la première étape d'une modélisation, aussi bien en sciences sociales qu'en sciences "dures"). Ainsi, je laisse à J.M. Keynes le soin de conclure :
L'économie est une science caractérisée par la pensée en termes de modèles, jointe à l'art de choisir des modèles intéressant le monde contemporain









Dameg